La femme métamorphique

Auteur : Hervé Merlot (Dé bleu)
112 pages, Format 11 x 19 cm


Date de parution : 1986

Reliure : Broché
ISBN : 2-900768-41-1
Prix livre imprimé : 12.00 €

Certaines choses se font, mais ne se disent pas : Eros est un angelot tristounet à qui on a coupé le sifflet. Les censeurs de l'Ordre Littéral, juchés sur leurs « miradors obscènes », manifestent un entêtement, si pudique qu'il en devient suspect, à occulter hermétiquement la littérature « érotique » d'hier et d'aujourd'hui, d'ici et d'ailleurs. On n'en parle donc pas, le non-dit apprivoise l'interdit : de fait, on porte aux nues (à mots couverts, cela s'entend !) une « littérature amoureuse » qui ritualise, dans une langue de bois, la pruderie fade de ses bas bleus. Le manque à dire est un manque à vivre.

Qu'arrive-t-il lorsque déferle soudain « le jazz lancinant des sexes qui se choquent » ? Tout simplement, la vie. Qui apparaît, dans le livre d'Hervé Merlot, comme une irrépressible réconciliation de soi avec soi : les reclus du réel et les exclus du langage s'abouchent, s'étreignent, s'engendrent dans une genèse bouillonnante comme une lave de « poivre vert ». Les « mots-sexes », comme tous les mots, sont des mots pour le dire. Réconciliation avec notre histoire littéraire : les « érotiques du XVIIe siècle » (Malherbe, Régnier, de Viau, La Fontaine...) défoncent les portes du cabinet noir. Réconciliation aussi avec les contemporains d'outre-hexagone : les latino-américains époustouflants de femmes « au sexe d'ouragan caraïbe », les Whitman, Ginsberg, Dylan Thomas, Ezra Pound... et puis encore Maiakovski, Joyce Mansour, Fassbinder... La littérature redevient une aventure où le plaisir déverrouille le corps et dénoue la langue, où le vit tisonne la vie, où la sémantique endosse la fonction séminale : chez Hervé MERLOT, il y a comme une grande pudeur à ne rien cacher de ce « sommeil du dévoré, soleil de la dévoreuse ». La poésie, comme la vie, ne prend sa mesure que dans l'excès.



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